Meaux

Publié le par Burlington

Je suis allé à Meaux mais il ne faudrait jamais aller à Meaux.

Meaux sous préfecture de Seine et Marne, 60.000 habitants (en gros) : Sa cathédrale, son jardin Bossuet, ses cités.

Précision : Meaux m’a vu grandir, mais je crois qu’elle regardait ailleurs et moi aussi.

L’arrivée en train

La gare de Meaux ne possède aucun charme, si insignifiante qu’elle s’est faite passer pour une autre dans la séquence d’introduction de « deux hommes dans la ville ». Elle abrite son lot de SDF, de jeunes désœuvrés ce qui vous vaut dès l’arrivée quelques regards de travers.

Les sites de la ville

La cathédrale est phagocytée par les maisons sans âme du centre ville et n’est visible de loin que sous son plus laid et massif profil.

Les remparts gallo-romains bordent un parking.

Les bords de Marne sont une succession improbable et hétéroclite de bâtiments publics, commerces, immeubles et demeures sans unité, sans rien d’ailleurs.

La place Henri IV, place du centre-ville est tout simplement laide, cernée de commerces inintéressants et d’un cinéma prétentieux qui se veux multiplex.

Le jardin Bossuet, à la française, n’a ni assez de place ni assez d’ombre, ni assez d’eau ni assez de verdure pour qu’on veuille s’y arrêter. Il possède un étage, sur les remparts, bien sympathique, mais seuls les vieux comme moi en ont encore le souvenir, il est désormais fermé pour cause d’éboulements.

Le contraste

Meaux se sont 3 mondes qui s’entremêlent le moins possible :

Centre Ville : Petite bourgeoisie de banlieue dans ses maisons en meulière, classes moyennes dans ses appartements standing.

Beauval : Cités. Tout est dit.

Pierre-Collinet : Premières cités (historiquement) en cours de démolition.

Vivre à Meaux

Déjà les habitants s’appellent les meldois… Difficile de faire moins élégant. Pour le reste (j’en parle d’autant plus facilement que j’ai été meldois une vingtaine d’années) c’est une ville ou l’on vous regarde volontiers de travers, quand on vous regarde. C’est une ville ou l’on s’ennuie, trop près de Paris pour exister par elle-même, trop loin pour y aller régulièrement. C’est une ville trop vieille et trop jeune, ou il est difficile de ne pas devenir un beauf absolu (Supermarché le samedi, lavage de voiture le dimanche, promenade du berger allemand le soir…) ou un branleur de cité (délinquance le samedi, violence le dimanche, délinquance et violence le soir).

 

Je suis conscient que cet article risque d’en horrifier quelques uns, tant pis ! Il n’est pas politiquement correct, il est de mauvaise foi, plein de raccourcis faciles, réac, manichéen…

Désolé d’en avoir blessé, surtout des meldois, mais mon rapport à cette ville est complexe et nécessiterait quelques séances chez le psy, en espérant que cet article me servira de catharsis et m’évitera les frais d’une couteuse thérapie. 

Au fait, je ne vous ai pas dit pourquoi je suis retourné à Meaux : Ma mère y est hospitalisée.

Publicité

Publié dans Visites

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
K
tiens donc comme j'aurai écrire ces lignes....
Répondre
C
Bonjour <br /> nous sommes en mission à Meaux depuis quelques mois et je voulais vous dire que le portrait de la ville que vous dressez est totalement conforme à la réalité que nous vivons chaque jour...
Répondre
D
Comme je reconnais là votre mauvaise foi caractérisée!!!!!<br /> Vous oubliez de mentionner Meaux comme la scène cultissime de quelques très belles frasques de notre passé pour le moins révolu, mais cependant tenace.<br /> Certes, notre première rencontre ne fut que très peu à votre avantage et je comprends fort bien votre peur d'être pris dans des filets....vous oubliez de préciser que votre plus vieil ami réside à la périphérie...qu'il lui arrive de parcourir les rue de ladite cité en pensant que jadis, nous inventions des diatribes incompréhensibles, ou mieux, reprises par les autres à leur propre compte.<br /> Je puis même vous affirmer que le fantôme de galinde et gouille hante encore certains quartiers....que le vrombissement des guêpes mécaniques n'attend qu'un printemps salvateur pour ranimer la ville, et qu'enfin, et sans manière aucune, votre vieil ami qui vous aime se prend à parfois rêver que les boys amateurs de confitures reviendront à l'avant de la scène, en votre compagnie et avec une maturité constructive qui nous manquait cruellement à l'époque. <br /> Pas de sang neuf ici, mais des rues qu'il faut laver, des souvenirs desquels il faut peut être, sans nostalgie aucune, tirer une essence qui na rien d'ordinaire pour recommencer l'histoire, bâtir des concepts frivoles mais essentiels....comme jadis....mais en mieux, et tant pis pour tout ceux qui se sont laissés prendre au jeu mesquin des adultes responsables ( voir mon article sur la laguuuuuuuna)....petits cadres étriqués politiquements corrects et bouffés par le remord de n'avoir au final eu que de l'ordinaire.<br /> Dire qu'à 40 ans, nous sommes restés des gosses....je crois que j'en suis fier, pour vous comme pour moi.<br /> Vous qui n'écrivez plus qu'en lettre capitale, sachez qu'en tout les cas, votre absence m'est parfois pénible mon ami de 25 piges, moi le "meldien" ( on peut aussi le dire ainsi dans un élan de positivisme )de naissance, j'ai aussi des placards où se cachent des fantômes, cette ville ne mord pas, cette ville ne meurs pas, elle est juste en sommeil parce que trop dénigrée.<br /> je vous affirme qu'Elvis, s'il connaissait Meaux.....viendrai s'y installer
Répondre
B
Très très cher Dalton, loin de moi l'envie d'oublier toutes ses jolies choses !Si je ne porte point Meaux dans mon coeur, j'y porte quelques habitants. Je crois plutôt qu'il faut rendre hommage à notre inénarable talent qui a peint de mille couleurs chatoyantes ces murs gris. Et je vous rejoins TRès cher DCC, et citerai Brel : "Il nous fallut bien du talent pour être vieux sans être adulte". Je revendique également haut et fort ma mauvaise foi sans laquelle je ne serai plus Jeremiah B.Quand à Elvis, je pense que si il avait connu Meaux, il aurait élu domicile sur la raffinerie betteravière de villenoy et aurait baptisé son ranch sucrier "Brieland", il aurait répandu le rock seine-et-marnais de par le monde et aurait survécu malgré ses 275 kg. Dernière réflexion : Confirmation de la théorie de la relativité, 40kms peuvent être un univers ! Alors faisons fi de la physique quantique et retrouvons nous autour de quelque nectar à évoquer nos tendres années.