Synchro !
Un beau jour de 1983, Gordon Matthew Sumner plus connu sous le nom de Sting et son groupe The Police sortirent un album nommé « Synchronicity ». Je ne m’étendrais pas sur les qualités ni du groupe ni de l’album, fidèle à mon boycott musical.
Toujours est-il que devant ce titre étrange ma curiosité fut piquée au vif. Après moult difficultés (rappelez-vous nous sommes en 1983, point d’internet) je finis par apprendre que la synchronicité est une forme de coïncidence énoncée par Carl Gustav Jung (celui qui s’est fâché avec Freud pour une histoire de dessert volé, d’après Woody Allen) qui était à l’époque un parfait inconnu pour moi.
Ne reculant devant aucun sacrifice, je me suis ingurgité « Synchronicité et Paracelsica » de C.G. Jung dont le contenu est à peu près aussi clair que le titre. Pouvant parfois être plus têtu qu’un baudet dans un mauvais jour, j’ai continué à chercher à comprendre ce mot étrange (merci Sting…). Pour faire court, j’ai fini après nuits blanches et force migraines par comprendre qu’il s’agissait, en fait, d’une « coïncidence chargée de sens ». En gros, pour faire vraiment simple, un petit exemple de mon cru :
Jean-Adalbert vient d’être plaqué comme une crotte par Liselotte. Bien déprimé, à deux doigts de mettre fin à ses jours par l’ingestion irréfléchie de laxatifs périmés, Jean-Adalbert repense à la belle époque ou il filait la parfaite idylle avec Marie-Cunégonde sa vaporeuse voisine, partie un jour dans une lointaine et inhospitalière contrée, mettant par là même un terme prématuré à leur belle histoire d’amour. Nostalgique jusqu’aux bout de sa calvitie naissante, Jean-Adalbert décide de remettre à plus tard son plan suicidaire et s’en va dans sa Simca bleu électrique parcourir sans but les rues de sa ville. L’esprit embrumé par ses noires pensées, Jean-Adalbert emboutit une Jaguar gris métal neuve ! Sort de la voiture… Vous l’avez deviné… Marie-Cunégonde, revenu au pays aussi riche que célibataire. Jean-Adalbert, en plus d’une collision viens de connaître les joies de
En gros, si on écoute l’ami Jung on peut aller titiller la synchronicité de la sorte :
1/ Je pense super grave fort à un truc super important que je voudrais que ça arrive dans ma vie à moi.
2/ Je lâche prise, j’écoute le dedans de moi-même, je m’ouvre à toutes choses, même insignifiantes.
3/ Si ça merde pas trop, je vais finir par tomber sur un truc machin qui va faire avancer mon schmilblick.
Je ne vais par débattre ici du bien fondé de la théorie (bien que quand on se penche sur la bête on puisse être troublé), je vais simplement vous proposer de penser la synchronicité comme une option de vie : Dans mes rencontres, dans ma vie, chaque jour, à chaque instant, peut arriver quelque chose qui va m’aider à accomplir mon destin. En acceptant ce présupposé, les autres, les incidents de la vie sont vécus avec beaucoup plus d’acceptation, on en vient (presque) à voir la richesse en chaque chose.
Allez, soyons fous, laissons le Jean-Adalbert qui est en chacun de nous emboutir toutes les Jaguar de la terre – Pour moi, c’est pas gagné, je n’ai pas de voiture.