Les tribulations d'Antoine
Je viens juste de regarder à la télé sur France 5 « J’irai dormir chez vous ». Le principe de l’émission est le suivant : Antoine De Maximy, aventurier télévisuel, arpente le monde avec un harnachement vidéo lui permettant de s’auto-filmer et de filmer son entourage et tente de se faire inviter chez de braves autochtones pour manger, dormir et nous ramener des images prises sur le vif.
Commençons par le commencement, la bande annonce de l’émission ou Mr De Maximy tente de se faire inviter par des français qui l’envoient vertement promener, avec comme morale que les gens ailleurs sont quand même bien plus accueillants… Ce genre de raisonnement qui se veut humaniste me semble frappé au sceau du colonialisme bon teint, le mythe du bon nègre n’est pas loin. Une forme de discrimination positive en quelque sorte… Mais discrimination positive ou négative, c’est toujours de la discrimination…
Malgré cette refroidissante invite, je me suis risqué à regarder une émission (dont beaucoup de gens m’avaient dit le plus grand bien). En plus, coup de bol, notre globe trotteur allait visiter les Vanuatu et j’ai une inclinaison pour les mélanésiens. En arrivant dans un village Mr Maximy (qui vient de perdre sa particule, il ne m’en voudra pas) se fait proprement jeter par les habitants qui l’enjoignent avec fermeté et sourire d’aller filmer ailleurs. Et notre bon globe-trotter à chemise rouge de s’épancher : « c’était pas comme ça avant, ça va leur faire une mauvaise pub, tant pis pour eux… » Que des réflexions de la plus haute tenue !
Autre village : Après plusieurs heures de marche motivées par l’envie de voir les virils mélanésiens se jeter de tours de 
Je crains que Mr Max ne soit pas le triste sire que je viens de décrire, je le soupçonne même d’avoir une réelle sympathie pour les gens qu’il rencontre. Mais de grâce, Cher Antoine, époussetez votre discours de ses relents d’exposition coloniale, vous y gagnerez et nous aussi. Si vous m’invitez à dormir chez vous, Très cher Antoine De Maximy, je vous offrirais « Cannibale » de Didier Daeninckx, ce petit ouvrage vous racontera la terrible histoire (vraie) de ses kanaks exposés comme au zoo lors de l’exposition de 1931, mais surement l’avez-vous déjà lu.