Nintendo pour les vieux
Ca y’est, j’ai complètement craqué ! Depuis quelques jours je me suis offert le très médiatisé « Programme d’entrainement cérébral » sur Nintendo DS. Dès lors je n’ai de cesse de trouver de bonnes excuses pour empêcher mon fils d’approcher de sa console portable, squattant sans vergogne le double écran tactile et le stylet pour tenter de faire rajeunir mon cerveau gluant.
Pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir approché l’objet de mon délit je vais tenter une rapide description :
Il s’agit d’un programme informatique proposant des exercices de calcul mental, de mémoire, de rapidité et même des sudokus parce que, bon, c’est bien à la mode ! Alors évidemment on progresse, surtout par habitude et l’âge théorique de notre cerveau diminue, le nec plus ultra étant 20 ans : étant personnellement passablement con à 20 ans, ma plus grande crainte est d’atteindre le rajeunissement maximum.
Le piment du jeu est apporté par ce bon docteur Kawashima, grand docteur des boyaux de la tête que je n’avais pas l’honneur de connaître mais qui doit certainement être d’une compétence absolue pour avoir mit un tel programme au point…
Donc, ce bon docteur Kawashima nous explique avec force schémas, coupes IRM à quel point sa découverte va révolutionner le monde et faire reverdir nos synapses rabougris. Cerise sur le gâteau, sa tête joviale, modélisée à la serpe nous accompagne pendant l’entrainement, commentant nos lamentables efforts et résultats pitoyables sans se départir de son sourire du soleil levant. Bon, soyons honnêtes, ce petit jeu possède un petit côté addictif qui est loin de me déplaire, l’assiduité aux exercices est récompensée par des bonus… Mieux qu’à l’école !
Le coup de grâce me fut donnée par une sémillante septuagénaire qui, alors que je flânais dans le rayon jeux-vidéos d’un grande enseigne, posa cette innocente question au vendeur : « Dites-moi jeune homme, j’ai acheté l’autre jour l’appareil à jouer avec le jeu pour le cerveau et je voudrais savoir si je peux laisser la cassette de jeu dedans sans danger ? ».
Fichtre, diantre, moi qui quelques semaines avant serrait les dents pour que le plombier moustachu Mario se sorte de mille périls, moi qui voulait libérer toutes les princesses de tous les donjons en ratatinant tous les boss de l’univers, moi qui transpirait pour finir premier de la course sur un kart doré conduit par un champignon aidé d’une tortue ailée, moi qui était l’égal heureux des moins de douze ans, qui pouvait sans froncer le sourcil expliquer à bon nombre de minots comment Yoshi doit pondre un œuf multicolore pour exploser la plante carnivore voilà que je me retrouvait d’un coup d’un seul propulsé à la frontière du troisième âge, à la préretraite, à la lisière de la sénescence, à deux doigts de l’hospice.
Cher Docteur Kawashima, je ne vous salue pas !