Ruine Babines

Publié le par Burlington

Une semaine avec fil rouge !

L’objet culte de cette semaine l’est, à mes yeux, a moult titres :
L’harmonica diatonique (je m’expliquerai plus bas) est un des très rare instrument dont j’arrive à sortir quelques notes sans être absolument ridicule.
L’harmonica diatonique (je m’expliquerai plus bas) est, à lui seul, un résumé de l’aventure de la musique du XXème siècle.
L’harmonica diatonique (je m’expliquerai plus bas) présent sur la photo est le modèle super-collector du Marine Band sorti à l’occasion de son 100ème anniversaire.

Un peu d’histoire :
Au XIXème siècle, nos amis teutons, grands amateurs de festivités à grosse caisse inventent un petit instrument ou l’on souffle et ou l’on aspire et qui fait de la jolie musique grâce à la vibration de lamelles métalliques. L’autre avantage notoire de ce petit instrument est d’être diatonique, c'est-à-dire que toutes ses notes sont dans la même gamme, donc, exit les fausses notes. La destination première de ce petit instrument est la musique folklorique allemande, rien de bien folichon, reconnaissons-le.
En immigrant vers les Etats-Unis, certains allemands emmènent leur harmonica dans leur poche (parmi ses nombreux avantages, l’harmonica est aisément transportable).
Ce petit instrument bon marché (parmi ses nombreux avantages, l’harmonica est peu cher) aura tôt fait de se retrouver entre les mains des noirs américains qui avaient très rarement les moyens de se payer des pianos à queue. Et les afro-américains (comme on dit de nos jours) respirèrent leur mélancolie au travers de cet instrument découvrant en plus qu’on pouvait faire d’autres notes que celles prévues par le fabricant. Pour faire simple, le blues était né.

Pourquoi ?
Bon marché, facile à glisser dans une poche, peu de notes, d’une initiation aisée (bien que la maitrise en soit diabolique), avouez que, si l’on exclue la guimbarde et le kazoo, peu d’instruments réunissent autant d’avantages. La réserve principale à l’usage de l’harmonica est l’allergie que certains développent au répertoire de l’instrument, nul n’est parfait… Je pense notamment à une amie qui, dès que je sors une note de mon ruine-babines (nom poétique de l’harmo), s’écrie « Arrête Tom Sawyer !» et sort de la pièce.
Si l’expérience vous tente, précipitez vous chez votre détaillant favori ou, pour 4000 fois moins qu’un piano de concert vous pourrez acquérir le même harmonica que les plus grands.

Quelques interprètes américains: Sonny Boy Williamson, James Cotton, Junior Wells, Little Walter, Franck Frost, Rod Piazza, Billy Branch, Howard Levy…

Quelques interprètes français: Jean-Jacques Milteau, Greg Szlapczynski…

Remerciements: Greg pour tout, Jean-Jacques pour les masterclass, Junior pour les bœufs, Jasmine pour "Tom Sawyer".
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S
Ouai vive l'harmonica, et vive le blues!
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J
C'est bon, j'ai vu le Tom Sawyer!!!!
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B
Tom Sawyer, qui te salue !
M
J'aime bien aussi le ruine babine.je trouve que ça apporte quelque chose de nostalgique et de frais dans un morceau folk ou dans un gros"blues qui tache". Un peu comme l'acordéon... Et ce n'est pas un instrument de ringard !
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B
Grand merci Milie de déringardiser l'harmo qui ne mérite pas le sort que tant de cuistres et tristes sires lui réserve. Idem pour l'accordéon ! que celui qui ne c'est jamais laissé entrainer par une java manouche, un tango argentin par Piazzola,  un swing de Galliano nous jetent la première pierre. Peut être une idée d'article, tiens...
R
AH! Encore un point commun!J'ai une vingaine de ces petites choses (Blues Harp, Marine Band ...) car j'ai soufflé tant bien que mal le blues étant étudiant. J'ai commencé avec la méthode de JJ Milteau et les disques de Sonny Terry, SB Williàmson et Little Walter.J'adore le son d'un bel harmo blues, c'est la musique du souffle, autant dire celle de l'âme.Amicalement,Richard
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B
Effectivement Richard, voilà un nouveau point comun ! Merci de citer Sonny Terry que j'avais honteusement oublié. Comme promis, semaine fil rouge... Blues & Harp !