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Publié le par Burlington

Préambule : Aujourd’hui je crains d’être assez serieux et en plus de parler de moi, donc le risque d’ennui est réel si vous continuez à lire, au moins, je vous aurais prévenu.

Bien que j’ai déclaré à plusieurs reprises qu’il ne fallait pas aller à Meaux, j’y suis retourné.

Je suis donc retourné dans la ville qui m’a vu grandir, selon l’expression consacrée, pour y voir à nouveau ma mère malade. Avant d’arriver chez elle j’ai flâné sur les lieux de ma jeunesse, repensant à mes articles assassins et cherchant une quelconque explication à mon désamour pour cette ville.

J’ai donc suivi le parcours obligé arpentant les rues mille fois empruntés, m’arrêtant devant mon ancien lycée, mon ancien collège, mon ancienne école primaire, mes terrains de jeux, à la recherche de souvenirs, de sensations…  Et rien, je reconnaissais les lieux, mais aucune impression de les avoir habité, d’y avoir vécu, d’y avoir ressenti quoi que ce soit, comme si l’on me montrait un album photo ne me concernant pas mais que j’avais vu plusieurs fois. Je m’attardais devant mon école cherchant désespérément un petit rien auquel me raccrocher, en vain.

Sans être malheureuse au sens le plus strict, mon enfance et mon adolescence ne furent surement pas heureuses pour plein de raisons que je ne vous donnerai peut-être jamais.

Toujours est-il qu’après mes meldoises pérégrinations je suis arrivé à la conclusion suivante :

Si je n’ai pas le souvenir d’avoir habité ces lieux, c’est qu’à l’époque je ne m’habitais pas moi-même.

A notre époque de coaching personnalisé et de quête intérieure la "présence à soi", "l’ici et maintenant" ont le vent en poupe sans que beaucoup de gens (dont je fais partie) savent ce que cela veut dire. J’ai expérimenté pour vous le contraire, le "pas là", le "même pas moi", le vide et je peux vous dire que ça existe et que c’est pas trop top.

Je ne suis pas convaincu de m’être totalement guéri aujourd’hui, on verra dans 20 ans.

Malgré tout ça je tire de cette expérience deux leçons profitables :

1/ Tout d’abord, je quitte cette bonne ville de Meaux avec la très ferme intention de réfléchir à ce que je peux apporter à mes enfants, sachant aujourd’hui que la seule chose importante est de tenter de leur permettre d’être "bien dans leur peau", en harmonie avec eux-mêmes et avec le monde… Vaste programme ! Si vous avez des tuyaux, je suis preneur.

2/ Ensuite et surtout devrais-je dire (car si pas de petit 2, pas de petit 1), c’est dans cette période trouble et brumeuse que le soleil m’est apparu sous la forme gracieuse d’une charmante lycéenne attiré par mon côté oiseau blessé tombé du nid, écorché vif (j’en rajoute toujours un peu) et que cette lycéenne partage encore ma vie aujourd’hui, plus de 20 ans après (la pauvre). En plus nous sommes les parents harassés (comme tous les parents) de deux formidables garçons.

- Alors, elle est pas belle la vie, hein, de quoi qu’tu t’plains alors !

De pas grand-chose en fait, de pas grand-chose. Et si c’était le prix à payer pour vivre ce que je vis aujourd’hui, je n’ai aucun regret, bien au contraire.

Sur ce, je vous laisse en vous souhaitant tout le bonheur du monde.

Publié dans Humeur

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