Ça a débuté comme ça...

Publié le par Burlington

Mon esprit retors, enclin à la provocation, me pousse à vous parler sans ambages d’un personnage fort peu consensuel, plus exactement, celui à qui je dois le goût de la littérature et de l’écriture.

Je devais avoir une quinzaine d’années quand ça m’est arrivé… Comment ce pavé m’est tombé sur le coin de la tronche, impossible de savoir, surtout que les pavés je savais les éviter d’habitude.

Le pavé c’est "Voyage au bout de la nuit" de Louis-Ferdinand Céline.

Si je goûte peu les expressions à caractère intello-branché, la seule qui me vienne aujourd’hui pour décrire l’effet qu’a eu sur moi ce livre c’est "choc esthétique"… D’accord, ça ne veux pas dire forcément grand-chose mais c’est ça, un choc, un vrai, une beigne dans la gueule, un direct au foie qui m’a cloué sur place.

Mon malheur est de n’avoir jamais retrouvé cette sensation dans aucun autre livre.

Alors voilà, j’ai dévoré le "Voyage" abasourdi, j’ai enchainé "Mort à crédit", "Casse-pipe… J’ai découvert en plus d’un auteur exceptionnel un homme. Un homme blessé meurtri, rempli de violence, de contradictions. Et peut-être à cause de lui j’ai un penchant certain pour les individus "rugueux", pas lisses, cabossés…


Maintenant je laisse les glossateurs de tout poil prendre leur air écœuré pour commenter le coté obscur du bonhomme, certain que les plus virulents seront les épargnés de la vie, les bien nés, ceux qui n’ont jamais eu à choisir, les lisses, les ternes, les sans talent.

Je répugne généralement à employer le mot génie, mais pour moi Céline en est un et je ne peux que conseiller à ceux qui n’ont jamais ouvert un de ces livre de le faire sans préjugé, sans parti pris.

Publié dans Portraits

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